A veces consigo atemperar la galofobia que me produce, instintivamente, la verborrea galicana. Será seguramente un trait de style nacional, pero me resulta imposible sancionarlo. Pero de vez en cuando se ve una luz. Por ejemplo, en el programa que emiten en este preciso instante en France Culture: http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_conscience/

con Gérard Simon de invitado principal:

L’imaginaire d’un savant, conclut Gérard Simon, “s’alimente donc à toutes les sources dont il dispose”. Il faut alors admettre que du faux peut sortir du vrai, que l’attachement à des idées révolues peut jouer un rôle moteur dans les découvertes. Plus généralement, l’histoire des sciences enseigne que le “rationalisme impénitent” des grands chercheurs ne se réduit pas à l’application d’une méthode expérimentale standardisée. Et que la philosophie et la religion ne sont pas toujours des obstacles épistémologiques. Ainsi, le symbolisme mathématique joue un rôle majeur dans les progrès de la physique, et la chimie elle aussi un langage à part entière.

Le propos de Gérard Simon sur les progrès des sciences vaut par la vigueur avec laquelle il écarte les évidences simplistes rassemblées sous le nom de “méthode expérimentale”. Le second motif d’intérêt du livre, et sa plus franche originalité, repose sur la mise à contribution de l’oeuvre de Michel Foucault. En lecteur avisé de L’Archéologie du savoir, l’auteur dessine les grandes lignes d’une articulation de l’archéologie et de l’histoire, de l’effort pour dégager les vestiges et de la volonté de reconstituer le travail d’un savant. Dans le sillage de Foucault, Gérard Simon refuse la figure d’un “sujet fondateur” : l’homme ne peut être tenu pour la source ultime de sa propre pensée, et “l’innovation ne dépend pas seulement du sujet innovant”. Mais si les règles anonymes de formation des discours s’imposent aux savants et balisent leur terrain de travail, elles ne congédient pas pour autant la personnalisation de la découverte. Les analyses de Foucault permettent à Simon de penser les sciences à partir des territoires où elles apparaissent, donc d’apporter une réponse nuancée à une question classique, celle de la part des individualités savantes dans la production des connaissances ; celle, en définitive, de savoir si les hommes sont les auteurs de leur propre histoire.

Un livre de fonds, un livre de réflexion, como dice el presentador, Philippe Petit.