Le fait de croire à des périodes historiques nettement définies, caractérisées, et donc à des ruptures dans le cours des temps entraîne inévitablement à porter un regard particulier sur les époques limites, époques pourtant déterminées avec la part d’arbitraire que l’on sait. La tentation devient forte de considérer les années situées entre Antiquité et Moyen Âge, puis entre ce Moyen Âge et les Temps modernes comme des temps « de transition ». Cette idée, aussi spécieuse que celle qui préside à la périodisation, impose à la recherche et à l’enseignement certaines optiques dont on ne se défait pas aisément.

En premier lieu, ces découpures arbitraires, artificielles et combien tyranniques nous ont créé, pendant longtemps, un fort déséquilibre dans les études, une véritable cassure dans le discours scientifique. Il ne fait aucun doute que ces temps intermédiaires, qui, croyait-on, ne pouvaient offrir qu’images incertaines, sans valeur démonstrative, ont été volontiers négligés. Les lectures et les investigations se sont plutôt portées sur les siècles « classiques » de l’Empire romain que sur ses derniers moments. D’autre part, les règnes de Charles VII et de Louis XI, en France, retenaient certes l’attention pour quelques aspects, pour la personnalité des souverains dont chaque livre offrait des images aux traits incisifs [...].

Par ailleurs, et d’une façon sans doute lourde de conséquences, cette exploitation du concept de périodisation finit par fausser l’interprétation des faits et même par dicter des hypothèses de travail que tout auteur se voit invité à vérifier. Il semble évident que le temps qui marque le passage d’une période à une autre ne peut être que « de transition ». Il ne s’agit pas seulement de mots et de petits ridicules mais d’orientation et de recherche, voire d’interprétation des résultats. Les hypothèses de travail pèsent toujours très lourd et trop nombreux sont ceux qui s’appliquent avant tout à illustrer l’idée qui prime plutôt qu’à poursuivre une investigation hors de tout préalable. [...]

Jacques Heers, Le Moyen Age, une imposture, París, Perrin, 1992, págs. 38 y 39.

Partiendo de esta pluralidad de perspectivas [sobre la memoria] deberemos afrontar a continuación el papel de los historiadores como configuradores de la memoria, un tema al que se han dedicado obras monumentales, como los famosos Lieux de la mémoire [1], una serie en varios volúmenes coordinada por Pierre Nora en la que se analizan todos los aspectos del pasado de Francia y su recuerdo a través de los lugares, los textos y los monumentos, así como las conmemoraciones. Sin embargo, este esfuerzo descriptivo no ha sido acompañado de un esfuerzo analítico equiparable. Normalmente los historiadores, un gremio que es muy aficionado a utilizar las palabras sin reflexionar sobre su significado, han pasado a hablar de la memoria o de la memoria histórica asimilándolasin más a la historia, cuando hay autores, como A[gustín] García Calvo [...] que creen, con mayor o menor razón, que la historia es el principal enemigo de la memoria popular, lo que muchas veces es cierto. Por ello, y para evitar caer en generalizaciones abusivas, sería conveniente establecer una tipología, aclarar los modos en los que los historiadores pueden hablar del pasado.

José Carlos Bermejo Barrera, ¿Qué es la historia teórica?, Tres Cantos, Akal, 2004, págs. 53 y 54.

Luego, claro, también está la Benbassa, pero hoy es jour de fête y no me lo quiero amargar.

[1]: La disparition rapide de notre mémoire nationale appelle aujourd’hui un inventaire des lieux où elle s’est électivement incarnée et qui, par la volonté des hommes ou le travail des siècles, en sont restés comme ses plus éclatants symboles : fêtes, emblèmes, monuments et commémorations, mais aussi éloges, archives, dictionnaires et musées. [...] Plus qu’une exhaustivité impossible à atteindre, comptent ici les types de sujets retenus, l’élaboration des objets, la richesse et la variété des approches et, en définitive, l’équilibre général d’un vaste ensemble auquel ont accepté de collaborer plus de cent historiens parmi les plus qualifiés. La matière de France est inépuisable.
Au total, une histoire de France. Non pas au sens habituel du terme ; mais, entre mémoire et histoire, l’exploration sélective et savante de notre héritage collectif.